Les amis de Jehan

11 décembre, 2014

Notre monde actuel est-il au bord du gouffre?

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 16:59

Le club Participation et progrès organisait une journée de travail sur ce thème à l’Assemblée Nationale avec plusieurs experts militaires et économiques. D’ores et déjà, on peut répondre non, tout au moins à court terme à la question mais j’ai retenu lespoints suivants: 1er constat, les espoirs d’un ordre nouveau au tournant de l’année 90 sont retombés et ont fait place à l’inquiétude. Certes il n’y a pas de retour de la guerre froide blocs contre blocs, mais des rivalités nationales.

2ème constat: On ne peut confondre la communauté internationale avec la communauté occidentale: le monde occidental n’a plus le monopole de la puissance.

3ème constat: le désordre du monde est un sujet parfait pour transférer les angoisses des Français.

La France a tiré parti de l’ancien ordre du monde (la guerre froide).Grâce à la stratégie gaulliste, la France a pu jouer à la grande puissance pendant une ou deux décennies… C’est terminé, peut-être cela explique-t-il une certaine nostalgie de l’ordre ancien.

4- Les Institutions internationales sont en crise et ne sont plus à la hauteur des problèmes. On doit souligner les difficultés de la gouvernance économique et financière mondiale. Le G20 a échoué sur le problème des paradis fiscaux, la gouvernance financière systémique.

On doit noter la crise de l’OMC à la suite de l’échec du cycle de Doha. On ne peut traiter tous les secteurs de l’économie de la même façon. Ainsi au niveau Agriculture par exemple, il convient de prendre en compte le principe de souveraineté alimentaire qui vient en contradiction avec le libre-échange généralisé.

5- Conflits des prochaînes années.

a- Europe: on constate une poursuite du processus de fragmentation. Dans les 20 dernières années, on a vu apparaître en Europe de nouveaux pays- Slovenie, Croatie, Bosnie, Kossovo, Macédoine.. La fragmentation est loin d’être achevée- Ecosse, Catalogne.. Permanence de l’ombre de l’ex-URSS-Ukraine, Georgie, Moldavie, Azerbaïdjan.

b- L’Afrique: Multiplication des guerres civiles sur fond de vitalité du facteur ethnique et de puissance des armes de poing et des armes blanches qui créent des massacres.

c- La Méditerranée arabe. Jamais le monde arabe n’a été aussi éclaté. Plus de 9 guerres civiles auxquelles il faut ajouter le conflit Israël/Palestine.

On constate de plus en plus la faillite des ingérences militaires et la faillité du droit international.

L’ordre du monde ne dépend pas de nous. La surprise stratégique en fait partie. Nous avançons de ruptures imprévues en ruptures imprévues. Les surprises seront de plus en plus fréquentes. Elles sont rarement fatales. Face à ces surprises, il faut consolider la résilience des organisations. Il convient de conserver les capacités qui permettront d’encaisser les prochaines surprises stratégiques.

6- Du concept de guerre assymétrique, on passe à celui de guerres hybrides. L’affrontement violent entre Etats est en train de disparaître. Nous ne pouvons plus désigner l’ennemi. La guerre apparaît dispersée avec des montées en puissance des moyens. On note un usage massif de la guerre électronique, une manipulation de l’information.

En conclusion

L’Europe depuis 20 ans a baissé ses dépenses militaires de 50% tandis que les autres pays les augmentaient de 50%. L’Europe représente 24% du PIB mondial. Elle n’a pas de défense en conséquence. Elle refuse de traiter sérieusement les problèmes de défense et confie sa défense à l’OTAN et aux USA qui se sont désengagés de l’Europe. Le dernier char américain a quitté l’Europe il y a quelques mois. Les USA font pivoter leurs forces armées vers l’Asie. Face aux conflits: frontière est de l’Europe, Méditerranée arabe, Afrique ,face aux nouvelles formes de conflit, avec interactions des conflits avec l’Europe, l’Europe doit se reprendre. Le monde actuel n’est pas au bord du gouffre mais il est au bord de difficultés sérieuses qui pourraient le conduire à une ère de grand tumulte avec des perpectives de croissance nulle, une guerre hors limites, alimentée par les problèmes de frontières, de raretés énergétiques, hydriques voire alimentaires.

 

28 mai, 2013

.Les enseignements de la guerre au Mali

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 9:53

Editorial de la revue américaine « Défense News » du 11 février 2013.
La 1ère phase de l’opération au Mali n’est pas terminée et elle offre déjà des enseignements à l’heure où les Etats-Unis et la France rognent sur les dépenses militaires.
Premièrement, en agissant rapidement et de façon décisive avec l’aide de ses alliés, la France a empêché le Mali de devenir un havre sûr pour Al-Qaida et a poussé l’AQMI et les Touaregs vers le terrorisme.
Deuxièmement, les forces spéciales bien entraînées et bien armées, infanterie légère et parachutistes, appuyées par une force aérienne de précision, sont valables dans n’importe quelle intervention.
Troisièmement, la France a pris en compte la complexité de la mission avant d’agir. Conscient de l’héritage colonial, le Président François Hollande a bien averti que le retour au Mali était temporaire, avec pour seul but de chasser les mêmes auteurs de violence que les bandes d’Al-Qaida et de talibans qui sévissent en Afghanistan. En se présentant au Mali en libérateurs, les forces françaises se sont acquises une source de renseignements essentielle de la part des populations locales.
Quatrièmement, alors même qu’elle menait les opérations militaires, la France organisait la relève pour la phase la plus difficile de la campagne qui allait suivre: la sécurisation du Mali.
Habilement, elle a demandé aux troupes arabes musulmanes tchadiennes de fournir les forces chargées d’agir dans le nord arabe musulman du Mali, tandis qu’elle s’appuyait sur des forces africaines noires dans la partie sud du pays à prédominance noire.
Cinquièmement, les moyens de renseignement, de surveillance, de reconnaissance, de transport aérien et de ravitaillement en vol sont insuffisants. Les alliés de la France assurent un support valable. En particulier des avions radar capables de poursuivre des individus et des véhicules sur de vastes zones, que seuls les Etats-Unis et la Grande-Bretagne possèdent.
Si l’opération a démontré les capacités de la France dans les domaines terrestres et aériens, elle a aussi montré ses insuffisances en matière de reconnaissance et en particulier l’inadaptation du drone Harfang. Paris souhaiterait acheter le drone américain Reaper, capable de détecter et d’attaquer ses cibles.
La France a réussi à empêcher le pays de tomber complètement aux mains des insurgés et à disperser les combattants d’Al-Qaida qui seront difficiles à trouver et à capturer. La stabilisation du pays exigera un soutien international et des moyens humains prolongés. Les divisions internes et principalement la longue quête des touaregs pour l’autonomie, devra trouver une solution.
La sécurité repose sur la volonté, les capacités, les alliances et le sérieux de la préparation, pour intervenir efficacement et rapidement où et quand cela peut être nécessaire.
Source: CERD

23 mai, 2013

Niger Mahamadou Issoufou

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 14:20

Mahamadou Issoufou, président du Niger.
« L’Afrique paie une absence de vision »
L’OVA (organisation de l’unité africaine) fête ses 50 ans. Quand on dresse le bilan, un constat s’impose: il n’y a pas eu assez d’efforts dans le sens de l’intégration quelle soit politique ou économique. Rien ou peu de choses ont été faites pour mettre en place une stratégie de défense et de sécurité commune. La dictature militaire et la tyrannie des partis uniques ont fait régresser profondément l’Afrique.
Par ailleurs, en Afrique, nombre de conflits récents résultent de scrutins baclés ou truqués.
Deux risques majeurs guettent l’échiquier libyen: la somalisation et la conquête du pouvoir par les intégristes. Ces deux dangers demeurent et constituent une source de destabilisation pour tout le Sahel.
L’Islam africain ne secrète plus ses propres andidotes. Al-Qaida exerce son influence partout . Toutefois au Niger et au Nigeria prévaut un Islam modéré, pacifiste attaché aux autorités traditionnelles.
Il faut combiner les 2 approches: sécurité à court terme et tournée vers le développement à long terme.
Le Niger n’est pas un pays pauvre mais un pays mal géré. Le surcroit attendu de recettes fiscales ( en particulier Uranium) doit être efficacement dépensé. Ce qui suppose de mettre fin à la corruption et à la fraude et d’améliorer la gouvernance.
L’Afrique est le continent de l’avenir. La croissance nigerienne dépassera les 10% en 2013 et au delà. Mais elle doit être partagée, inclusive et contribuer à bâtir une société plus égalitaire.
Extraits de l’Express de Mai 2013

27 mars, 2013

Armée amputée, France déclassée.

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 16:53

L’affaire est paradoxale. au moment où il vante les performances de l’armée française au Mali, et ailleurs, le gouvernement s’apprête à démanteler ladite armée ou à en réduire considérablement le potentiel. Ce que la France réalise aujourd’hui au Sahel, il y a peu de chances qu’elle puisse encore le faire dans 5 ans. elle n’en aura plus les moyens.
Du moins si François Hollande ne revient pas sur les coupes qui se préparent dans le budget militaire, et qui devaient être présentées, mardi 26 mars, en conseil de défense à l’Elysée. Elles sont plus que déraisonnables. Elles entérinent le déclassement militaire du pays
( Le Monde du 26 mars).
M Hollande est arrivé au pouvoir en demandant la rédaction d’un nouveau Livre blanc sur la défense. Le président entend actualiser la carte des besoins stratégiques de la France. Le document sera bientôt prêt. Il devrait servir de base à la prochaine loi de programmation budgétaire militaire, qui couvre la période 2014-2019.
On peut comprendre que l’armée participe à la cure d’austérité imposée à l’Etat pour ramener le déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB. Encore que les militaires aient déjà subi un régime impitoyable- et abusif- du temps du président Nicolas Sarkozy. Mais, cette fois, la logique financière l’emporte sur toute autre considération: appliquées telles quelles, les propositions de coupes qui sont sur la table reviendraient à amputer terriblement l’outil militaire.
Deux hypothèses sont soumises au président: l’une est inacceptable, l’autre à peine moins. Dans un cas comme dans l’autre, toutes les armes sont touchées. Le budget de la défense passe en dessous du seuil de 1,3% du PIB- très en deçà des 2% demandés par l’OTAN pour maintenir les capacités de l’Alliance. Le nombre d’hélicoptères, de Rafale, de blindés diminue considérablement, les effectifs aussi, les grands programmes d’armement du futur sont réduits à la portion congrue.
En un mot, la France changerait de rang.
Au moment où la Grande-Bretagne choisit, hélas, le même chemin, la France renoncerait à appartenir au club des puissances militaires qui comptent encore et placerait de facto sa sécurité sous le parapluie américain. C’est absurde stratégiquement: les menaces ne diminuent pas, les Etats-Unis se retirent d’Europe, seule région à désarmer quand toutes les autres- Russie, Brésil, Chine- accroissent leur effort de défense.
C’est une bêtise économique et sociale, tant seraient touchés l’emploi ou le savoir-faire technologique. C’est injuste politiquement: plus qu’aucun autre secteur de l’Etat, l’armée a su se réformer pour devenir l’un des services publics les plus efficaces. A bien des égards, elle est même un modèle de formation professionnelle et d’intégration.
Il y a une solution. Renoncer à de pareilles coupes et obtenir ceci au sein de l’Union européenne: Londres et Paris assurant l’essentiel de la défense de l’Europe, leurs dépenses militaires devraient être largement défalquées dans le décompte des 3% de déficit budgétaire. Ce serait de bonne guerre, si l’on peut dire.
Article du Monde du 27 mars 2013

14 février, 2013

Washington veut éviter un « cyber Pearl Harbor »

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 17:39

Le président Obama a été concret: « Nos ennemis cherchent à saboter notre réseau électrique, nos institutions financières et nos systèmes de contrôle aérien ».
Ainsi érigée en grande cause nationale, la cybersécurité avait fait l’objet, quelques heures plus tôt d’un décret présidentiel destiné à inciter les milieux économiques rétifs à accepter un minimum de régulation par l’Etat fédéral pour prévenir et contrer le danger invisible.
Le décret signé mardi par Barack Obama demande aux administrations de la défense et du renseignement de communiquer les informations classées secrètes sur les cyber menaces, aux sociétés privées susceptibles d’être visées. Le texte appelle aussi au développement de normes destinées à protéger les systèmes informatiques des secteurs stratégiques, tels que les banques, l’électricité et les transports.
Le Pentagone vient d’annoncer qu’il allait porter de 900 à 4900 ses effectifs chargés de la « lutte contre le piratage informatique » et des opérations numériques offensives »
Le Monde du 15 février 2013

6 février, 2013

Chindiafrique 3

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 19:06

Chindiafrique
L’Afrique, une « bombe » migratoire?
L’Afrique subsaharienne, qui constitue, la première zone d’expansion démographique du monde pour les jeunes adultes, est une des régions les plus sensibles aux nouvelles pressions migratoires. L’ouverture de sa fenêtre d’opportunité démographique ne coïncide pas en effet avec une croissance économique suffisamment rapide. Les citadins devraient passer de 290 millions actuellement à près de 1,2 milliard en 2050 selon l’OCDE, renforçant les pressions migratoires dues à la crise urbaine endémique et à la précarité de l’emploi. Le revenu africain par habitant n’atteint encore en moyenne qu’un dixième de celui des pays européens.
Pour émigrer, sous l’effet de ces facteurs attractifs (pull), les Africains peuvent eux aussi compter sur une diaspora: la colonisation occidentale a créé des réseaux ethniques et familiaux avec des pays comme la France, la Belgique, l’Angleterre ou même l’Italie. Les élites africaines ont étudié dans les meilleures universités des métropoles d’alors et pris la tête de leur pays au moment des indépendances. Le coût de transport est lui aussi de plus en plus favorable. La pointe de Gibraltar n’est qu’à 13 km des côtes africaines. Au niveau des facteurs push, répulsifs, la persistance de nombreux conflits en Afrique incite à s’expatrier alors qu’il n’existe pas de mécanismes administratifs de rétention des populations comme en Chine.
Une accélération des flux vers l’Europe.
On assiste, on l’a vu, à un glissement favorable démographique vers les jeunes de 15-24 ans, qui seront 40 à 50 millions par an à arriver d’ici 2030 sur le marché. Le coût de la migration baisse, notamment pour les non-qualifiés quasiment absents du jeu aujourd’hui. Or ces derniers vont bénéficier d’une hausse de leur revenu, si la croissance africaine continue à ce rythme, de 4-5% par an. Ils profiteront en outre de la diminution du prix du transport évoquée plus haut, ainsi que du renforcement de l’effet réseau, grâce à une diaspora qui atteint un seuil critique en Europe. Peut-on calculer ce nombre croissant d’émigrés africains attendus? les flux migratoires annuels de l’Afrique subsaharienne passeraient ainsi de 130 000 personnes en 2000, à une fourchette comprise entre 700 000 et 1,6 million en 2030. Dans une population en forte croissance, le nombre absolu d’émigrés évoluerait aussi de manière spectaculaire: de 17,6 millions à plus de 50 millions de personnes. Sur ce total, les migrations intra-africaines passeraient de 12 à 32 millions et les migrations hors d’Afrique de 3 millions environ à une fourchette comprise entre 16 et 21 millions. Pour l’Europe occidentale qui en reçoit un peu plus de la moitié aujourd’hui, le nombre de migrants africains connaîtrait bien une forte progression: de 4 millions en 2010, à une fourchette de 9-15 millions en 2030, soit de 2 à 5 ou même 8% de la population européenne, selon le scénario. Et cela ne prend bien sûr pas en compte le mouvement de naturalisation progressif des premiers migrants et donc de leur progéniture. Cela pourrait sembler beaucoup si deux mouvements inverses n’allaient pas marquer le paysage migratoire européen: la baisse de l’immigration en provenance d’Europe de l’Est d’une part et du Maghreb d’autre part, en raison de leur vieillissement rapide et de leur propre pénurie d’actifs. Dans une Europe vieillissante, la population de l’Afrique subsaharienne va principalement ainsi se substituer à d’autres, un mouvement d’ailleurs déjà entamé dans les grands bassins de population comme Paris, Londres ou Bruxelles. L’Europe est-elle préparée à cette évolution? Rien n’est moins sûr. Elle n’a pas défini clairement ses politiques migratoires ou culturelles vis-à-vis du continent. L’Europe va devoir en tout cas revoir son rapport à l’Afrique qui s’apparentera de plus en plus à la confrontation entre un Goliath démographique face au David européen. Le rapport des populations entre la grande Europe et l’Afrique passera en effet d’un pour deux actuellement, à un pour quatre vers 2050. Les proportions seront même d’un pour cinq à un pour dix pour la seule Europe occidentale, celle qui est la plus riche et donc la plus susceptible d’attirer les migrants d’Afrique.
L’Afrique à quatre vitesses.
Son nombre d’étudiants a décuplé depuis les années 70 mais ils sont encore moins de quatre millions en 2010. Autant qu’en Afrique du Nord, qui compte dix fois moins d’habitants. Ce n’est pas surprenant dans un continent qui n’a relevé le défi de l’éducation de masse que récemment. En réalité, nous sommes en présence d’une Afrique subsaharienne à quatre vitesses. D’abord, celle des pays où l’alphabétisation reste un enjeu de base. Ils sont désormais à peine une dizaine. Ensuite, ceux où le tournant de l’éducation primaire de masse est acquis, avec des résultats parfois tout à fait saisissants, comme en Ethiopie ou plus récemment, au Niger:Ceux où la priorité est de passer à une éducation secondaire et technique de masse, capable d’assurer l’entrée de l’Afrique dans le monde des technologies du XXIème siècle. Seuls, en partie, le Nigéria et surtout l’Afrique du Sud figurent à ce jour dans le quatrième groupe, qui se positionne dans la course à l’enseignement supérieur. Les deux pays pèsent plus de la moitié des étudiants du continent et le taux d’études à l’étranger est, comme pour la Chine et l’Inde, de l’ordre de 1 à 2% seulement.
Extraits de « Chindiafrique » de Jean-Joseh Boillot et Stanislas Dembinski.

5 février, 2013

Chindiafrique 2

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 15:01

Les ressources humaines.
L’agenda du monde ne peut plus être celui d’une planète aux espaces encore infinis, ni être fixé principalement par des pays de quelques dizaines de millions d’habitants.
Le temps de la domination des pays riches est fini; commence celui de la fierté retrouvée de pays en plein décollage économique, sous l’effet de l’énergie vitale d’une jeunesse de plus en plus éduquée, y compris en Afrique.
Le Vieux Continent n’aura jamais autant mérité son nom: il ne représentera plus en 2030 qu’un douzième de la population.
En 2030, l’Afrique pourrait représenter près du tiers de l’offre mondiale des 15-24 ans. A moyen terme, cette poussée va représenter aussi un défi pour la Chine, et même pour l’Inde qui pourrait bien être concurrencée par les jeunes du continent africain, de plus en plus éduqués.

4 février, 2013

Chindiafrique de Jean-Joseph Billot et S Dembinski

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 18:41

La Chine, l’Inde et l’Afrique feront le monde de demain.
Ce sont les 3 grands ensembles: Chine, Inde et Afrique, des masses continentales et humaines incomparables, au dynamisme certain, qui vont jouer un rôle cle d’ici 2030, c’est-à-dire à l’horizon d’une seule génération. Cela compte tenu de 3 facteurs combinés. D’abord, celui d’un effet démographique de masse-1,5 milliard d’habitants chacun en 2030-avec tous ses aspects culturels et sociétaux, sans oublier de conséquentes diasporas mondiales. Ensuite, l’enchaînement surprenant de leurs temps économiques, avec une sorte de séquence de leur décollage partant de la Chine pour gagner l’Inde et atteindre enfin l’Afrique, plus récemment. Troisième facteur clé, les relations triangulaires au sein même de cette « Chindiafrique », appelées à jouer un rôle structurant dans le monde de demain comme le montre amplement notre enquête dans les domaines technologiques et des business models.
En 1950, l’Europe était aussi peuplée que la Chine.
Le nombre des 15-25 ans chez nos 3 géants sera passé de 214 à 700 millions de jeunes actifs de 1950 à 2030 alors qu’il aura stagné dans le monde occidental autour de 120 millions entre les 2 dates. Chindiafrique représentera en 2030 près des deux tiers de la jeunesse mondiale. Et il s’agit moins d’un bonus démographique que de capital humain tant leur niveau de formation croît rapidement, Afrique comprise depuis quelques années. La réalité africaine est masquée par une illusion statistique: la fragmentation du continent en une cinquantaine de pays. Et celle de l’Inde par une illusion beaucoup moins statistique: sa pauvreté de masse. Le continent africain devrait connaître d’assez longues années d’instabilité, en raison notamment de transitions politiques et sociales particulièrement difficiles.
Des millions de postes restent àcréer en Chindiafrique, quand le Nord ne sait plus comment faire pour sauver les emplois et financer les retraites.
De son côté, l’Afrique dispose du tiers des ressources naturelles de la planète. L’histoire montre que ce qu’on appelle la « malédiction des matières premières »- une aubaine pour les prédateurs-a souvent compromis le développement économique et la stabilité sociale.

16 janvier, 2013

Somalie, Afghanistan, Mali. Que vivent nos soldats?

Classé dans : GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 17:22

Le courage du soldat est inséparable de celui des autres. Il fait partie d’une chaîne humaine, et il n’y a pas de salut individuel. C’est pourquoi le courage est pour lui un sentiment qui s’organise, qu’on entretient comme les fusils. On lui dit de se battre et il se bat. On lui dit de mourir et il meurt. Il pratique cet étrange courage qu’il faut pour basculer de l’autre côté de la vie sans une larme.
Le soldat connaît un combat intérieur dont il ne parle pas. Il y a d’abord ces interminables heures d’attente et de transport, l’anxiété, les tripes nouées, ces vagues pensées que l’on remue sur le destin, l’absurdité de la vie, sa fragilité; ces souvenirs que l’on écarte pour ne pas faiblir. Il y a ces lieux inconnus que l’on scrute avec intensité, ces marais humides dans lesquels on va jouer sa vie, l’ennemi insaisissable qui se tient là, à deux kilomètres derrière ces plumeaux de palmiers, à l’autre bout du monde.
Et puis l’assaut, dans les clameurs qui donnent du courage… L’action brutale où la peur n’a pas sa place…L’inconscience, la rage, parfois le corps à corps, les gestes seconds, la lucidité de médium, la violence qui se libère en soi, les flammes qui sortent des armes et fendent l’air…
Les minutes s’impriment dans la mémoire comme dans la cire. Après, le film se déroule encore et encore. Le soldat a le cerveau d’un accidenté de la route, qui vient de quitter l’asphalte et qui, de tonneau en tonneau, revoit des images en accéléré.
Les mains des camarades qui se lèvent, les regards muets, les rires, les hurlements, les mots crus et simples des hommes après le danger…Et puis ces soirs désolés où l’on compte les morts. Ravaler ses larmes, enfouir sa tête dans ses mains, serrer les poings. Et de nouveau attendre…
Extraits des sentinelles du soir d’Hélie de Saint Marc.

15 janvier, 2013

La crise politique européenne est devant nous.

Classé dans : ECONOMIE,GEOPOLITIQUE — jehan92 @ 12:35

extraits des Echos du 12 janvier 2013.
Trois ans après le début de la crise des dettes souveraines, 2012 a été l’année du sauvetage monétaire de la zone euro. Mais rien n’est réglé sur le fond. Les Européens sont toujours incapables de prendre les difficiles mesures pour sortir de leur marasme. La zone euro a été la seule région en récession en 2012 et elle sera la seule en 2013.
Il y a désormais 19 millions de sans-emploi dans la zone euro, 2 millions de plus qu’il y a un an.
« Le risque de l’euro s’est déplacé vers le champ politique. Les pays du Sud vont-ils continuer d’accepter les sacrifices qu’on demande à leur peuple? »dit Edmond Alphandéry (ancien ministre). Cette crise-là, sociale et politique, n’est pas derrière nous mais devant nous. Quel sera l’état de l’opinion à la fin du printemps dans les pays du Sud, et la France est-elle dans ce lot des menacés? En septembre? Quand l’horizon ne se dégagera pas et que les espoirs s’évanouiront?
La crise n’est pas une crise des dettes dont on viendra à bout par seulement de l’austérité mais bien une crise des modèles de croissance de chaque pays qui doivent retrouver leur place dans la mondialisation et, au niveau de l’Europe, de l’organisation et des souverainetés.

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